La signature en 1858 d'un traité de paix, d'amitié et de commerce franco-japonais marque les débuts officiels des relations entre la France et le Japon.
Lors de cette année 2008, le 150ème anniversaire de cette signature est l'occasion de redonner une nouvelle dynamique à la relation franco-japonaise, à travers l'organisation de nombreux évènements dans les deux pays.
Dans ce cadre, la Maison des Musées de France propose une série d'articles consacrés aux relations artistiques entre la France et le Japon, évoquant l'entrée des arts japonais dans les musées français, ou l'entrée des œuvres françaises dans les musées japonais.
C'est à Georges Labit qu'est consacrée la première présentation. Découvrons sa collection et le musée qu'il fit construire à Toulouse.
Le musée Georges-Labit (1862 - 1899) est d'abord l'œuvre d'un grand voyageur. Grâce à lui, la ville de Toulouse possède aujourd'hui l'un des plus anciens musées d'art asiatique en France.
Fils d'Antoine Labit, fondateur du premier grand magasin de Toulouse, Georges naît et passe toute son enfance dans le Midi toulousain. En 1879, il commence des études de commerce à Paris et entreprend peu après ses premiers voyages, d'abord à travers l'Europe, de l'Italie à la Norvège, poussant même jusqu'à la Laponie, une région rarement visitée à l'époque. Il parcourt également l'Afrique du nord, rassemblant ses premières collections. En 1889, il s'embarque à Marseille pour un voyage décisif qui le mène par le canal de Suez jusqu'en Asie. La Chine et le Japon le marquent profondément. Il raconte d'ailleurs l'un de ses séjours dans Au Japon. Souvenirs de voyage, article publié en 1890.
Passionné d'ethnologie, d'histoire de l'art et d'histoire des religions, il choisit ses acquisitions sans a priori, mêlant œuvres d'arts et objets plus modestes, témoins de la vie des populations locales. A son retour à Toulouse, le projet de création d'un musée prend corps. Il élabore avec un architecte toulousain, Jules Calbairac (1857-1935), un projet de bâtiment d'inspiration mauresque, dans le style des villas exotiques alors à la mode. Mais c'est bien un musée d'une grande originalité qu'il construit, présentant son importante collection d'objets chinois et japonais mais aussi des reconstitutions de scènes ethnologiques avec mannequins et une salle consacrée aux objets et costumes du bassin méditerranéen.
Georges Labit meurt brutalement en 1899 sans descendance, laissant le musée à la garde de son père. Celui-ci le lègue à la ville en 1912. Ce n'est qu'après la Grande Guerre que le musée sera pris en charge par un conservateur, Albert Sallet (1877 - 1948) qui oriente définitivement les collections vers la présentation des arts d'Asie.